L'Historial de la Grande Guerre
Château de Péronne
BP 20063
80201 PERONNE

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Ecrivains de la
Grande Guerre

Les écrivains

Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Bien qu'il soit sujet russe et polonais, le grand poète obtient son engagement en décembre 1914. En janvier 1915, il passe avec succès le concours des élèves officiers de réserve, et après sa séparation d'avec la Comtesse Louise de Coligny-Châtillon - la fameuse « Lou » - il se porte volontaire pour le front. Au printemps, Apollinaire devient artilleur. Il tombe amoureux de Madeleine Pagès, rencontrée dans le train. Quelques semaines plus tard, il demande et obtient la main de la jeune femme. Il correspond avec ses amis et il écrit des poèmes : l'amitié, l'amour et la création le protègent de l'horreur qui l'entoure.
Néanmoins, durant l'hiver 1915-1916, alors qu'il est passé dans l'infanterie, le poète semble gagné par l'abattement et sa production littéraire diminue. Après quelques jours de permission auprès de Madeleine à Oran, il rejoint son régiment à la mi-janvier 1916, et peu après avoir appris sa naturalisation, il est blessé à la tempe droite d'un éclat d'obus, alors qu'il est en train de lire. On le soigne à Paris, d'abord au Val de Grâce.
Peu à peu, il retrouve son enthousiasme créateur et épouse en mai 1918 « la jolie rousse », Amélia « Ruby » Kolb, avec Vollard et Picasso comme témoins. Enfin, la grippe espagnole le terrasse le 9 novembre, deux jours avant l'Armistice, à l'âge de 38 ans.

Pierre Mac Orlan (1882-1970)

Écrivain et journaliste français, Pierre Dumarchey dit Mac Orlan est né à Péronne en 1882. Hormis sa naissance, un autre épisode le relie à Péronne : sa présence sur le front de la Grande Guerre. Il est d’ailleurs blessé dans une attaque portée sur le Mont-Saint-Quentin le 14 septembre 1916 lors de la bataille de la Somme. Proche de Max Jacob et de Guillaume Apollinaire, Pierre Mac Orlan est connu pour son roman Le Quai de Brumes adapté au cinéma par Marcel Carné. Il siégeât aussi pendant 20 ans à l’académie Goncourt aux côtés de Roland Dorgelès et Carco. A sa mort, Mac Orlan laisse une œuvre majeure constituée de 130 livres, 65 chansons, 200 préfaces, 150 émissions radios et un bon millier de chroniques le plus souvent dominés par l’environnement qu’il crée : « le fantastique social ».

Georges Duhamel (1884-1966)

Georges Duhamel, médecin et écrivain français, a obtenu le prix Goncourt en 1918 pour Civilisation.
L’Historial possède l’exceptionnelle correspondance entre Blanche et Georges Duhamel pendant la guerre. En décembre 1915, Georges est au château de Sapicourt (près de Reims) transformé en hôpital. Moins de blessés à soigner durant cette période d’accalmie sur le front de Champagne. Georges met à profit son temps libre pour écrire les premiers récits qui composent Vie des martyrs (publié en 1917) en même temps qu’il apprend à jouer de la flûte. Les inextinguibles liens entre les deux épistoliers sont des liens si profonds qu’ils deviendront consubstantiels à la vie du couple.

Blaise Cendrars (1887-1961)

Engagé volontaire dans la légion étrangère, Blaise Cendrars a combattu dans la Somme. Son expérience dans les environs de Frise en 1915 est notamment relatée dans son célèbre ouvrage La Main coupée publiée en 1946.
J’ai tué, publié le 8 novembre 1918 et illustré par Fernand Léger, n’a pas été republié à ce jour. Texte mythique sur la Grande Guerre, le style est d’une grande modernité et témoigne de violence de la guerre totale et mondiale. Blaise Cendrars précise que cet ouvrage est « le plus petit livre sur la guerre (il pèse huit grammes) mais le plus lourd ». A lire en écho à J’ai tué, le récit de sa convalescence après la perte de son bras droit (donc de sa main d’écriture) dans J’ai saigné permet de comprendre la violence physique et psychique subie par les combattants et la dure convalescence mené pour réussir à revivre après un traumatisme.

Ernst Jünger (1895-1998)

Écrivain allemand, Ernst Jünger a participé aux deux guerres mondiales. Pendant la Première Guerre mondiale il a combattu dans la Somme près de Péronne. Son expérience de guerre est relatée dans Orages d’acier paru en 1920. Blessé quatorze fois, le jeune lieutenant a été décoré de l’ordre pour le mérite par l’armée allemande. Mettant en avant dans son récit, le mythe du héros militaire, Ernst Jünger a remanié son texte à chaque édition jusqu’à la version définitive en 1978. Cela témoigne de la relation très controversée des écrivains avec l’Histoire tout au long du XXe siècle.