L'Abbaye royale de Chaalis

60300 Fontaine-Chaalis

03 44 54 04 02

Site officiel

Jean-Jacques
Rousseau

Né en 1712 à Genève
Décédé en 1778 à Ermenonville

La Maison

Video 2012

D'autres grands auteurs sont rattachés à l'Abbaye Royale de Chaalis.
Guillaume de Digulleville moine du XIVe siècle, y rédigea une œuvre considérable, traduite en plusieurs langues, lecture favorite des rois, Charles V et Charles VI. Deux siècles plus tard, Le Tasse, poète italien, y fit un long séjour hivernal. Enfin, au milieu du XIXe siècle, Gérard de Nerval décrivit à plusieurs reprises les ruines de l'abbatiale et les fresques Renaissance de la chapelle du XIIIe siècle.

 L’Espace Jean-Jacques Rousseau

Lors de la vente organisée en 1874 par Ernest Stanislas de Girardin, Mme de Vatry s’était rendue propriétaire du Désert d’Ermenonville et de la cabane édifiée par René de Girardin devant laquelle Rousseau se retirait lors de ses promenades botaniques. Jeu du destin, attirance de Nélie pour le philosophe de Genève ou bien encore son goût marqué pour la sculpture, elle avait acquis en 1899 les bustes de Voltaire et de Rousseau par Houdon mais aussi ceux de Ch. Gluck et de Th. Tronchin. Poursuivant son œuvre, l’Institut de France faisait l’acquisition en 1924 de la collection Jean-Jacques Rousseau que le comte Fernand de Girardin, dernier descendant des châtelains d’Ermenonville, avait réunie avec passion. Beaucoup plus tard, en 1993, grâce à la générosité de M. Marcel-Jean Dehaynin, le musée de Chaalis recevait une importante série de papiers de Rousseau, de l’abbé de Saint-Pierre et de madame Dupin, provenant du château de Chenonceau et dispersés par la suite en vente publique
À Chaalis, en 2012, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau une nouvelle scénographie multipliant les espaces thématiques permet aux visiteurs de découvrir la multiplicité des intérêts et l’éclectisme de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau. Des maxi-cartels proposent synthèses et interrogations. Le vestibule présente des pièces représentatives des trois fonds et parmi elles, le buste en plâtre de Jean François Houdon, daté et signé, que le sculpteur avait offert au marquis de Girardin mais aussi une biographie illustrée. Sont évoqués ensuite les milieux sociaux-économiques dans lequel Rousseau évolua puis son œuvre politique et romanesque imprégnée par la conscience de soi. La salle suivante évoque le thème de l’éducation, sans omettre le placement au Enfants-Trouvés, mais aussi les rapports de Rousseau avec les femmes et particulièrement cet ouvrage sur l’égalité de sexes que Mme Dupin de Chenonceau se proposait de rédiger avec la collaboration d’un Jean-Jacques secrétaire et archiviste. Un salon de musique accueille le promeneur qui peut alors se reposer en écoutant la musique de Rousseau ou en suivant des présentations vidéo ; manuscrits musicaux autographes comme les feuillets des Muses Galantes, présentation pédagogique de la méthode chiffrée, premières éditions des œuvres musicales, nouveaux airs pour le Devin du Village, premier opéra dont il était l’auteur du livret et le compositeur, Dictionnaire de Musique annoté par le philosophe pour son hôte d’Ermenonville, airs, duos et romances compilés postérieurement par le marquis de Girardin sous le titre Consolations des Misères de ma Vie, autant de témoignages de la passion que Rousseau avait pour la musique alors que celle de la botanique ne le prit que tardivement. Dans l’espace suivant une exceptionnelle iconographie évoque les six dernières semaines de sa vie que Rousseau passa à Ermenonville où il put réunir ses deux passions. Les témoignages de ses excursions botaniques voisinent avec les planches d’herbier et la Flore que le marquis avait fait éditer d’après les Huit Lettres élémentaires sur la botanique. Dans la galerie suivante, après l’évocation de la sépulture dans l’île des peupliers et de la translation des cendres au Panthéon, l’image de Jean-Jacques se démultiplie à l’envi. Dessins, gravures, pastels, peintures, plâtres, bronzes, toiles, objets de toute nature, de la carte à jouer à la marionnette, célèbrent la postérité du philosophe dont le nombre de représentations ne fut dépassé que par Napoléon. Parmi ces pièces, les chercheurs trouveront de précieux renseignements et les passionnés, des reliques offertes à leur dévotion : canne, encrier, couverts, vêtement, fauteuil. Après le sourire provoqué par les dessins humoristiques qui firent florès lors du deuxième centenaire de la naissance de Rousseau en 1912, un extrait de la Profession de foi du vicaire savoyard met un terme à la visite sans en rompre le charme des interrogations.

 Rousseau inspirateur du marquis de Girardin à Ermenonville

Autour du château ancestral, le marquis René de Girardin aménagea son grand œuvre : des jardins philosophiques sur une centaine d’hectares, composés le long de la vallée de la Launette et de son chapelet d’étangs entre 1765 et 1775 et ponctués d’une cinquantaine de fabriques. Pour cette création, le seigneur d’Ermenonville s’entoura dit-on des conseils de l’architecte Jean-Marie Morel et du peintre Hubert Robert. Il s’inspira des idées de Jean-Jacques Rousseau qu’il avait rencontré en 1768 à Paris, sous le prétexte de lui commander de la copie de musique. Par l’entremise de Le Bègue de Presle, médecin et ami du Genevois, le marquis accueillit le philosophe qui passa les six dernières semaines de sa vie à Ermenonville, logé dans un petit pavillon voisin du château. Sur les murs grossiers d’une cabane rustique plantée au sommet d’une butte surplombant l’étang du Désert, Girardin avait fait graver des textes inspirés de l’Émile. Rousseau se plaisait à herboriser en compagnie d’Ours-Amable, le dernier fils du marquis et aimait « trier son foin » devant ce paysage qui lui rappelait celui du « Jardin de Meillerie » qu’il avait décrit dans un roman de forme épistolaire, Julie ou la Nouvelle Héloïse. Il mourut au retour d’une promenade, le 2 juillet 1772, et fut inhumé dans l’Île des peupliers, au cœur du parc sud. La vénération qu’il suscitait était déjà telle que la Convention décida en 1794 de transférer ses restes au Panthéon.
Les dettes accumulées par Ernest Stanislas de Girardin, arrière-petit-fils de René, l’obligèrent à vendre en 1874 le domaine qui fut divisé en trois lots. Si le château est aujourd’hui occupé par un hôtel, le parc sud, écrin des fabriques et de l’Île des peupliers, est depuis 1985 la propriété du Conseil général de l’Oise ; le Désert, acquis en 1874 par Mme de Vatry, appartient à l’Institut de France. Face à l’abbaye de Chaalis, le parc d’attraction de la « Mer de sable » est inauguré en 1963. La dénomination de cette zone tire son origine de la nature particulière du terrain : une terre à callune*d’une grande fragilité, plantée ça et là de fougères et de genévriers et recouvrant une couche épaisse de sable blanc, qui fut prélevée puis vendue à Paris par les anciens propriétaires de Chaalis. Décapés par les hommes et lessivés par les pluies, les paysages devinrent ces étendues « sahariennes » de la Mer de sable, animées maintenant par les chameaux et les Indiens du parc créé à l’initiative de l’acteur Jean Richard.

Historique des collections de l'Abbaye Royale Chaalis

• Nélie Jacquemart-André (1841-1912). C’est à l’abbaye royale de Chaalis, acquise en 1902, qu’elle dépose les bustes de Voltaire, de Rousseau, de Gluck et de Théodore Tronchin par Jean-Antoine Houdon, un portrait du chanteur Pierre Jéliote, un dessin du Pèlerinage à l’île des Peupliers, un autre nommé Vue des jardins d’Ermenonville, une statuette de Voltaire et une autre de Jean-Jacques Rousseau par Edme-Étienne-François Gois. En 1912, Madame André lègue le domaine de Chaalis à l’Institut de France
• Fernand de Girardin.. ((1857-1924) arrière-arrière-petit-fils du marquis René de Girardin qui accueillit Rousseau en 1778, à Ermenonville, constitue la plus importante collection iconographique sur le philosophe de Genève. Elle compte environ quatre cents objets d’art auxquels il faut ajouter plus de cinq cents manuscrits et les six cents livres de la bibliothèque Rousseau. En 1924, l’Institut de France acquiert cette collection par donation.
• M. Dehaynin en 1993, offre pour sa part à Chaalis quatre cents pages du Portefeuille de Madame Louise Dupin, provenant du château de Chenonceau, qui avait été dispersé en ventes publiques entre 1951 et 1958.